Projet

Amélioration de l’adaptation au travail de nuit par l’application de technologies novatrices d’exposition à la lumière dans le secteur minier

Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et Génie du Canada (CRSNG) – 2015-2018

Chercheurs principaux : Marc Hébert (Université Laval), Luc Laberge (Cégep de Jonquière)

Chez notre entreprise minière partenaire, dans le Grand Nord du Québec, des centaines d’employés travaillent sur les quarts de nuit pendant 21 jours consécutifs, 12 heures sur 24, avec 14 jours de repos des travailleurs de nuit à la maison entre les rotations. On dénote de nombreux accidents qui sont causés par la fatigue associée à ces horaires de nuit. Ceci est dû au fait que l’horloge biologique nous prédispose à être actifs le jour et au repos la nuit. Dans les faits, les travailleurs de nuit ont donc de la difficulté à dormir le jour, entraînant à la longue une dette de sommeil et de la fatigue. La nuit, ils sont confrontés à la baisse de la vigilance naturelle, qui est souvent responsable d’erreurs et d’accidents.

Or, il n’existe actuellement aucune solution standard pour diminuer les risques de fatigue liés à cet horaire contre nature. L’objectif principal de ce projet est donc d’évaluer, chez les travailleurs de nuit, l’efficacité d’une stratégie novatrice de stimulation par de la lumière bleue combinée au port de lunettes à lentilles orangées le matin. Cette stratégie est inspirée du fait que notre horloge biologique est plus sensible à la lumière bleue que toute autre couleur, le bleu ayant un effet stimulant la nuit. L’hypothèse principale est que leur adaptation au travail de nuit sera plus rapide et que leur vigilance nocturne et leur sommeil diurne s’en trouveront améliorés. Aussi, il est prévu que cette stratégie lumineuse soit plus efficace l’hiver, puisque la lumière matinale présente en été compromet l’adaptation des travailleurs (ils doivent avoir l’impression d’une nuit artificielle à la fin de leur quart de travail!). Par la suite, nous vérifierons, pendant une période de 12 mois, les effets de ces stratégies sur différents indicateurs de performance et de santé et sécurité du travail propre à l’entreprise minière partenaire.

Quelques résultats à ce jour

Treize travailleurs attitrés à la surveillance de procédés miniers sur écrans d’ordinateur ont été évalués à la fois en condition habituelle d’éclairage (niveau de base) et lorsqu’exposés à de la lumière enrichie en bleu (461 ± 10 nm) entre 19:00 et 05:00 pendant 12 quarts de nuit successifs suivis de 2 semaines de repos. Des mesures par actigraphie ont été obtenues pour évaluer le sommeil et une tâche de vigilance psychomotrice (PVT) d’une durée de cinq minutes a été complétée au début et à la fin de chaque quart. Un modèle de régression linéaire à effets mixtes a été utilisé pour prendre en compte les mesures répétées (SAS 9.4 Proc Mixed). Une augmentation significative des temps de réaction (TR médian) a été observée lors du niveau de base, et ce pour chaque quart successif. Cette augmentation a été significativement freinée, voire annulée, en condition de lumière bleue, et ce pour chaque quart successif.

Chercheur