Projet

Effets de stages en soirée sur l’apprentissage d’étudiantes en soins infirmiers et recommandations pédagogiques

Chercheur principal : Luc Laberge

MELS – 2015-2017

Les étudiantes en soins infirmiers terminent souvent leurs stages de soir à minuit puis se retrouvent en classe tôt le matin, avec toutes les conséquences que ça entraîne sur le plan de la disposition à apprendre. Les objectifs sont de : 1) caractériser le sommeil et la fatigue d’étudiantes en soins lors de semaines comportant des stages de jour et de soir, 2) identifier les éléments de compétences développées en stage et les processus d’apprentissage qui sont affectés négativement par la privation de sommeil, 3) préciser les dispositifs d’enseignement en salle de classe qui peuvent faciliter ou entraver l’apprentissage suivant les stages de soir, 4) dresser un portrait des stratégies développées par les étudiantes pour s’adapter aux particularités du contexte de formation théorique et pratique en soins infirmiers et 5) formuler des recommandations pédagogiques à l’intention des étudiantes, des enseignantes superviseures et des collèges afin de mieux répondre aux besoins en matière d’apprentissage des étudiantes.

Quelques résultats à ce jour

Un volet quantitatif et un volet qualitatif ont permis de répondre à ces objectifs. Pendant une semaine de stages de jour et une semaine de stages de soir, 32 étudiantes ont porté, 24 heures sur 24, une montre (actigraphe) mesurant de manière objective le sommeil. Aussi, elles ont complété une courte batterie de tests cognitifs et ont rempli des questionnaires standardisés. Par la suite, dix de ces étudiantes ainsi que dix enseignantes ont participé à des entrevues de groupe semi-structurées. Les résultats révèlent que les étudiantes en soins infirmiers sont très occupées, avec une moyenne de plus de 60 heures hebdomadaires de cours, de stages, d’étude et de travail rémunéré. Aussi, près des deux tiers d’entre elles rapportent un niveau de fatigue réputé être excessif. La durée moyenne du sommeil était d’environ sept heures, et ce, autant durant les semaines de stages de jour que de soir ; il s’agit d’une durée de sommeil relativement courte pour cette population. De manière plus importante, les étudiantes dorment moins de six heures lors de la nuit suivant le dernier stage de soir, occasionnant donc un manque de sommeil. Les résultats des tests cognitifs n’ont cependant pas démontré de différence significative notable entre les performances mesurées à la suite des stages de jour et celles à la suite des stages de soir. Toutefois, en ce qui concerne le test d’attention, la comparaison des performances des étudiantes aux données normatives provenant d’une population de même sexe et de même âge révèle que les étudiantes arrivent à demeurer performantes en termes de vitesse lorsqu’elles sont en privation de sommeil, mais cela au prix d’une baisse importante de la précision, ce qui peut s’avérer problématique par rapport au jugement professionnel qu’elles auront à exercer dans leur métier futur. Enfin, des performances plus faibles aux tests d’attention et de flexibilité mentale sont associées à un niveau de fatigue plus élevé chez les étudiantes.

Co-chercheurs : Auclair, Julie; Isabelle Joyal; Thivierge, Josée

Chercheur